L'impasse des fronts d'Orient
Les Alliés tentent des diversions diplomatiques et militaires. L’entrée en guerre de l’Italie aux côtés de la France, la constitution d’un front dans les Dardanelles contre l’Empire ottoman, puis d’une tête de pont à Salonique, en Grèce, contre la Bulgarie, doivent permettre de soulager la pression sur le front occidental. Les troupes britanniques, néo-zélandaises, australiennes et françaises débarquent à Gallipoli, à deux reprises. Mais enregistrant d’importantes pertes humaines et devant faire face à une vive résistance ottomane, les Alliés évacuent la presqu’île de Gallipoli en 1916, sans avoir réussi à reprendre les Dardanelles aux Turcs. Parallèlement, attaquée sur deux fronts par la Bulgarie et l’Autriche, la Serbie s’effondre.
L'exceptionnel parcours de Jean-Marie Juin
Mairie de St Genés, le 22 avril 1962, Jean-Marie Juin, appuyé sur ses canes, est fait Chevalier de la Légion d'honneur.
Originaire de St Genés la Tourette, Jean-Marie Juin fait partie des rares soldats à être revenus des Dardanelles. D'abord affecté au 121e RI, Jean-Marie participe aux premiers combats sur le front Ouest. Le 28 août 1914, il est blessé à Badonvilliers (Meurthe et Moselle). Affecté ensuite au 175e RI dans le corps expéditionnaire d'Orient, il participe aux importantes batailles des Dardanelles en 1915. En septembre, atteint d'une grave dysentrie, il est rapatrié à l'hôpital de St Mandrier. A peine remis, il rejoint le 75e RI et se retrouve au coeur du "hachoir" de Verdun, il est alors de nouveau blessé le 15 août 1916. En avril 1917, le voilà affecté au 4e régiment de zouaves tirailleurs, il sera de nouveau blessé par un éclat d'obus à l'épaule et à la cuisse en juin 1918. Durant toute la guerre, il n'aura eu droit qu'à deux périodes de permission : 15 jours en décembre 1916 puis autres 15 jours en avril 1917.
Après la guerre, Jean-Marie retrouvera sa famille et son exploitation agricole au Bouchet. La souffrance due aux blessures, les souvenirs douloureux, les atrocités, les injustices, il n'en parlera guère...comme la plupart des poilus revenus.
Deux citations à l'ordre du régiment de zouaves, Médaille militaire, Croix de guerre et Légion d'honneur ne lui firent jamais perdre sa modestie.
4 juin 1915 : bataille de Kereves Dere (Turquie)
Plusieurs hommes du canton de Sauxillanges sont envoyés sur le front d'Orient. Le 4 juin 1915, deux d'entre-eux, Noël Cladière (27 ans) de St Quentin sur Sauxillanges et Alfred Chevant (28 ans) de St Rémy de Chargnat, disparaissent lors de la bataille de Kereves Dere. Tous deux ont un parcours semblable d'abord au 8e RIC (régiment d'infanterie coloniale) puis au 58e RIC et se sont probablement cotoyés.
Le 4 juin, le 58e RIC reçoit l'ordre de s'emparer d'une série d'ouvrages, de la tranchée dite du "haricot" et du terrain jusqu'à Kereves-Dere. L'attaque de ces objectifs doit être exécutée par toutes les troupes alliées, flanquées à droite par une flotille de toprilleurs et remorqueurs armées. Mais c'est sans compter le perfectionnement des défenses turques et leurs feux meurtriers.
Ce 4 juin 1915, plus de 1000 hommes du 58e RIC sont tués ou portés disparus, Noël Cladière et Alfred Chevant sont de ceux-là...

