La bataille des frontières
L’état-major allemand a prévu de vaincre la France en quelques semaines avant de se retourner contre l’ennemi jugé le plus dangereux, l’armée russe. L’attaque allemande déclenchée début août contre la Belgique, pourtant neutre, permet aux troupes du Kaiser Guillaume d’atteindre la frontière française dès le 15. Les attaques du général Joffre en Alsace et en Lorraine échouent. Face aux mitrailleuses et à l’artillerie lourde allemandes, la doctrine de l’offensive à outrance provoque parmi les troupes françaises de véritables hécatombes.
La bataille des frontières atteint son paroxysme le 22 août 1914 lors de la bataille des Ardennes : en 24 heures les pertes dans les rangs français se montent à près de 27000 hommes. Le replis est lors inévitable et la retraite générale, qui ramène les Français de Belgique jusqu'à la Marne, commence le 25 août.
Les premiers morts
Le premier soldat mort pour la France est le caporal André Peugeot. Côté allemand il s'agit du lieutenant Camille Mayer. Tous deux sont tués à Jonchery, au sud de Belfort, le 2 août 1914. Le 14 août 1914, les premiers hommes du canton de Sauxillanges sont tués à l'ennemi. Il s'agit de Francisque Chonion (24 ans) originaire de St Rémy de Chargnat et de Jean Favard (23 ans) originaire des Pradeaux.
Tous deux sont sergents respectivement au 121e RI (casernement à Montluçon) et au 139e RI (carsernement à Aurillac), régiments envoyés dans le même secteur à promité de Cirey sur Vezouze en Meurthe et Moselle.
Au matin du 14 août, ordre est donné de prendre d'assaut les villes de Badonviller et Cirey, toutes deux occupées par les forces allemandes. L'offensive est repoussée vigoureusement à Petitmont : les mitrailleuses allemandes fauchent les soldats français. La bataille de Petitmont fera 56 tués, 338 blessés et 51 disparus au sein du 121e RI dont Francisque Chonion.
Jean Favard tombe, quant à lui, tout près à Cirey.
Hommage du chef de bataillon Duval
Plaque à la mémoire de Philippe Thiolas, tombé au champ d'honneur le 25 août 1914 à Baccarat à l'âge de 21 ans. Cimetière de Sauxillanges.
"Dans ce lit où la gloire Héros t'ensevelit
Etoile du matin éteinte avant l'aurore
Enfant qu'en souvenir berce une mère encore
Dors fils et fiancé dont on s'enorgueillit
Et sur deux coeurs blessés, sur deux êtres aimants
Si ton corps git là ton âme étant aux anges
Plane et transporte toi là-bas à Sauxillanges
Pour calmer dans la nuit leurs affreux moments."

